En égalisant samedi soir à Sochaux, Pascal Johansen a inscrit son premier but de la saison en Ligue 1, son quatrième de sa carrière à ce niveau. Un moment forcément particulier pour le milieu de terrain alsacien.
Qui a aussi été touché par les larmes du coach à la fin de la rencontre.
Qu'avez-vous ressenti au moment où vous avez inscrit votre but, samedi soir ? D'autant que vous ne marquez pas souvent...
Ca fait plaisir d'être décisif de temps en temps. C'est vrai que pour un joueur qui ne marque pas régulièrement, c'est un moment particulier. D'habitude, je travaille dans l'ombre, on me remarque peu. Comme pour un défenseur, marquer permet de faire parler de soi. Et puis, ce but m'a permis de rattraper mon erreur qui a amené le but sochalien.
Que s'est-il passé justement sur ce ballon que vous perdez et qui entraîne le but de Zaïri ?
Oruma a bien anticipé. Il vient vers l'extérieur et moi je n'ai rien entendu, je pensais être tout seul. J'ai été surpris et je n'ai pas protégé mon ballon. Il m'a donné un coup d'épaule et j'ai volé... Après, ça va très vite. On espère que cela n'aura pas de conséquences, mais sur le coup c'était raté. Ca m'a foutu les boules car l'équipe était bien en place.
Vous êtes-vous senti responsable et redevable envers l'équipe ?
C'est arrivé à moi mais je ne suis pas responsable à 100% sur le coup. Mais nous avons senti qu'il y avait la place pour égaliser. A moi, c'est certain que cela m'a filé un peu plus la rage encore. En tout cas, heureusement que nous égalisons et même que nous gagnons, car une défaite aurait fait vraiment mal au classement. Cela faisait longtemps que le Racing n'avait pas gagné à Sochaux. Une victoire qui intervient une semaine après la coupe de la Ligue et une semaine avant l'autre derby face à Metz. Si nous pouvions enchaîner, samedi, une troisième victoire significative, ce serait vraiment bien.
Perdre à Sochaux aurait été injuste selon vous ?
Nous étions bien en place mais nous ne parvenions pas à garder le ballon devant. En seconde mi-temps surtout, nous sentions que nous pouvions ramener quelque chose. Après le but sochalien, nous n'avons pas lâché. Gagner la finale, je crois, nous a permis de prendre conscience de notre valeur. Nous ne flanchons plus et nous sommes capables de repartir de l'avant. L'égalisation a même tué Sochaux, il m'a semblé. Je ne les ai plus senti aussi solidaires que nous. Mais nous, nous avons traversé tellement de choses. Le groupe a avancé grâce à tout ça.
« Tournés vers l'avant »
Dans les vestiaires, Jacky Duguépéroux a semblé très ému par ce succès...
Oui, nous avons vu qu'il lâchait quelques larmes, c'était émouvant. Il nous a sortis d'une situation difficile, il a joué un rôle crucial dans notre redressement. Je crois qu'il est en train de prendre une revanche sur beaucoup de choses. Qu'il attendait ce moment depuis un moment. Il a prouvé son attachement au club et au groupe. Mais de toute façon, on sent que nous sommes entourés de gens qui croient en nous. On sent que le Racing constitue un ensemble aujourd'hui.
L'émotion de l'entraîneur était surprenante. Ce n'est pas quelqu'un qui exprime ses sentiments, en général...
Le coach n'est pas un entraîneur classique car il aime partager la vie du groupe, à la différence d'autres techniciens qui sont distants. Lui, nous sentons qu'il est vraiment proche de nous. Moi, je préfère ça. Il est dur dans le travail mais sait se montrer sensible comme samedi soir. Ca fait du bien de voir des choses humaines dans un milieu où on cache beaucoup les sentiments et où on pense beaucoup à la réussite personnelle.
Même si le maintien n'est pas encore assuré mathématiquement, on sent que dans les têtes c'est tout comme.
C'est vrai, dans nos têtes nous avons l'impression d'être vraiment tout proches. Nous avons rattrapé Bordeaux et samedi nous recevons Metz avec la possibilité de prendre nos distances avec cette équipe. Aujourd'hui, nous sommes tournés vers l'avant, nous avons faim de victoires. Il y a une véritable volonté d'aller de l'avant qui était impensable pendant six mois. Notre dynamique est très positive à l'heure actuelle.
Le match de samedi face à Metz est-il placé sous le signe de la revanche du match aller, perdu 1-0 ?
Il y a une revanche à prendre, c'est clair. A l'aller, nous étions dans une période difficile. Nous avions bien joué et nous ne méritions pas de perdre. Aujourd'hui, Metz est derrière nous et nous voulons les distancer. J'espère que la Meinau sera pleine car cela peut être une belle soirée. Une victoire nous permettrait d'assurer mathématiquement le maintien. Ce serait l'idéal d'y arriver dans un stade plein. D'autant que ce derby est important pour le public et il peut se passer beaucoup de choses au cours de ce match. Ce sera un vrai choc.