ITW de Furlan dans les DNA du jeudi 13/11 :- Accessoirement, lundi, vous êtes susceptible de croiser Pascal Johansen, parti à Metz, et que vous n'avez pas ménagé à l'heure de dresser le bilan de la saison passée. Redoutez-vous les retrouvailles ?
-Dans ce bureau, j'ai des entretiens permanents, francs et réguliers avec les joueurs. Avec Pascal, il y a toujours eu de ma part la politique de la main tendue, j'ai toujours été à l'écoute de ses problèmes. Ensuite, je ne perds pas non plus de vue la notion d'institution dans le foot.
L'individu Jean-Marc Furlan n'a pas d'importance dans le Racing Club de Strasbourg. Il y tient un rôle simplement. De la même manière, Pascal Johansen, Éric Mouloungui ou un autre sont sans intérêt, une fois sortis du collectif.
Dans ma position, on ne s'amuse à faire du favoritisme, à privilégier des parti-pris ou je ne sais quoi. Dans le système actuel, les joueurs sont dans une position idéale. Ils peuvent changer de club tous les six mois. Au cours de la saison, j'ai toujours protégé les joueurs, je m'efforce de les aider, mais à la fin, il y a des constats.
Dans mon rôle, je dois user de la carotte et du bâton. Avec « Pasqui », j'ai vraiment ressenti de la souffrance, parce que je n'ai pas réussi avec lui. Mais sur l'analyse que j'ai pu faire en fin de saison, je peux vous dire qu'en interne, personne n'a contesté mon jugement.
___________________________
ITW de Jo dans L'Équipe du 13/11.
Johansen a un compte à régler Le milieu messin, arrivé de Strasbourg cet été, est impatient de retrouver son ancien club et Jean-Marc Furlan, lundi Courtisé par Yvon Pouliquen pendant des mois, Pascal Johansen (29 ans), laissé libre par Strasbourg, a fini par rejoindre Metz fin août. Aligné en Coupe de la Ligue, contre Troyes (3-1) le24 septembre, il s'était blessé à une cheville. Après son retour à Lyon, mardi, il est impatient d'affronter Strasbourg, qu'il n'a pas quitté dans les meilleurs termes. Parfois insaisissable pour ses entraîneurs, Johansen n'a pas apprécié que Jean-Marc Furlan dresse de lui le portrait d'un joueur ingérable et lui fasse porter, avec Yacine Abdessadki, une partie de la responsabilité de la relégation. «
GAGNER À LYON, était-ce la préparation idéale avant Strasbourg ? –On a parfois du mal à se remettre d'un exploit mais on a la chance d'avoir un bon adversaire qui arrive. Comme hier (mardi), on n'aura pas besoin de chercher la motivation.
– Vous, en particulier. – Oui,
j'attends ça depuis longtemps. Ce sera bien surtout si on gagne. Perdre contre son ancien club, c'est embêtant (sourire). Mais je n'ai
pas de haine envers Strasbourg.
– Ils vous ont laissé en fin de contrat cet été... – (Il coupe) J'aurais pu prolonger de deux ans en début de saison mais je voulais réfléchir. Petit à petit, cela a été clair pour moi et la descente a été le truc de trop. Des deux côtés, on ne voulait pas continuer. Dans ce milieu, on ne peut pas toujours se quitter en s'embrassant. Au niveau des joueurs,
je m'entendais bien avec tout le monde. Avec le coach (Furlan) moins, mais surtout pour des raisons sportives. Après, il a continué à en parler dans la presse...
– Qu'est-ce que vous en avez pensé ? – Quand tu descends et que tu bats le record de défaites en L 1, quand ça fait deux saisons que tu tombes en L 2 (avec Troyes, puis Strasbourg),
je ne vois pas l'intérêt d'accuser deux joueurs, moi et (Yacine) Abdessadki, d'être des « brebis galeuses », comme il l'a dit. – Il ne vous a pas cités nommément. – Non, mais quand j'étais encore là-bas, il ne m'adressait pas la parole et, le lendemain, je lisais que j'étais un problème pour le groupe, etc.
C'est trop facile.
Tu arrives dans un club où un gars a déjà eu des problèmes et, pour te défendre, tu n'as qu'à appuyer sur un bouton parce que le mec a une réputation.
J'ai été écarté de janvier à mars, les résultats n'ont pas suivi pour autant. – Vous n'aviez pas ressenti de mauvaise ambiance dans le vestiaire ? – Je n'ai jamais eu de problème avec qui que ce soit. Ça me fait rigoler. Encore une fois, c'est facile d'accuser deux joueurs dont tu sais qu'ils ne seront plus là l'année d'après. C'est malheureux parce que, nous, on savait que notre avenir passait par le maintien alors qu'il y avait énormément de joueurs prêtés.
On était déjà la seule équipe à avoir un joueur prêté comme capitaine (Rodrigo). Je n'ai jamais vu ça ! Moi je suis arrivée en 1997, Yacine en 1998 ou 1999.
S'il y a bien des mecs concernés par l'histoire du Racing, c'est nous. – Quelles étaient vos relations avec lui pendant la saison ? – En général ça se passait plutôt bien mais quand il m'écartait, il n'y avait plus de discussion. Après, il me disait qu'il avait besoin de me laisser dans un coin et de ne plus me voir pendant deux ou trois mois. Sinon, c'est un mec gentil, super marrant même. Pour le dernier match de la saison, mon dernier à la Meinau, je savais que j'allais être remplaçant.
Ça m'a gonflé, je ne voulais pas voir ça, je n'y suis pas allé.
– Selon vous, comment Strasbourg a-t-il pu perdre ces onze matches d'affilée ? – On manquait de méchanceté et on ne s'est jamais alarmés, on n'a jamais eu peur. Mais quand tu ne changes rien et que tu dis toujours que ça va venir...
– Aurez-vous envie de prendre une revanche, lundi soir ? – Pas vraiment, mais ce serait plus agréable de le battre que de perdre face à lui. »
________________________________
Cette fois ci, itw tirée des DNA du 15/11.
Coeur bleu, peau grenat
Après sa longue histoire d'amour avec le club strasbourgeois, qui s'est mal finie comme (presque) toutes les histoires d'amour, Pascal Johansen porte le maillot frappé de la Croix de Lorraine. En dépit d'un début de saison tronqué par les blessures, le Colmarien se sent bien à Metz.
Il ne se départira jamais de ce petit côté aussi horripilant qu'attachant. Pascal Johansen, enfant de Colmar et du Racing, continue d'inspirer l'envie de lui adresser une bonne claque en raison de cette tendance à afficher son identité de garçon doué pour le football. En même temps apparaît vite le souhait de le prendre dans ses bras, comme un petit gamin en manque d'affection.
Le milieu de terrain n'a pas changé. Il a l'oeil pétillant quand il décide de parler, ce qu'il fait rarement pour ne rien dire. Ça tombe bien. Avant un Metz - Racing, pour lui qui en a joué un paquet, alors que les équipes lorraine et alsacienne se disputent les meilleures places en haut de la L 2, il y en a, des choses à dire.
Il a la même manière de traîner les pieds, de baisser la tête pour mieux surprendre l'adversité ou l'interlocuteur. Assurément, lundi, il aura ce souci de harceler son vis-à-vis et de chercher l'ouverture qui doit déséquilibrer le camp d'en face. Et resurgiront des images d'un soir de janvier 2000, quand il s'est agi d'enquiquiner Frédéric Meyrieu, le Messin, pour une première chez les pros sous le signe de la victoire.
« J'ai découvert le haut niveau avec un Racing - Metz, alors, évidemment, c'est un match marquant pour moi, explique-t-il. C'est un de ces matches qu'on aime jouer. »
Le dernier en date n'a pas été mal. Artisan de l'exploit lorrain sur le terrain de Lyon mardi dernier (1-3) en Coupe de la Ligue, trois jours après une claque reçue à Dunkerque, avec la réserve (4-1), Johansen arrive lancé, encore une fois dans le sillage de ces récurrents paradoxes.
Le milieu de terrain n'a pas changé. Mais il a finalement bigrement changé. Car sa naturelle peau ciel et blanc a pris un ton grenat. Lundi, il s'agira de sa première en L 2 dans sa nouvelle maison lorraine. Depuis l'été, Yvon Pouliquen ne s'est pas arraché les cheveux devant un processus d'intégration compliqué.
Le joueur a passé plus de deux mois à soigner une cheville, à digérer son changement de casaque et à préparer l'expression de son plus séduisant visage de footballeur, technique, tonique, racé, improbable sous ses 175 centimètres et 68 kilos. Mais l'entraîneur messin connaît son Jojo par coeur.
D'ailleurs, sans Pouliquen, il n'y aurait pas de Johansen en Lorraine. Le Colmarien se trouvait dans une impasse. Encore que. « Je me suis retrouvé chômeur, mais cela ne m'a pas pesé, explique celui qui a pu se consacrer à des vacances comme monsieur tout le monde et disputer un match avec les anciens de Colmar. Tu es évidemment soulagé quand tu retrouves du travail après une parenthèse de trois mois. Mais Metz n'est pas un choix par défaut. Je retrouve des mecs comme Yvon, Strasser, Chapuis, avec qui je m'entends bien, un club avec des structures de L 1 et je ne suis pas loin de chez moi. »
Moult séquences alsaciennes marquent assurément son quotidien. « Exilé » 160 kilomètres au nord-ouest, il continue à digérer un passé récent qu'il s'efforce de faire passer. Reste aujourd'hui l'irrépressible sensation d'avoir participé à « un gros gâchis la saison passée ».
« Contrairement à 2004-2005, où c'était très mal parti, il y avait tout ce qu'il fallait pour s'installer en L 1, il y avait un fonds de jeu, on s'éclatait sur le terrain, considère-t-il. Après une défaite contre Nice (0-1), j'ai été écarté après un mauvais match. »
C'est alors la rupture avec un coach, qui dessine une déchirure dans le lien à son club de presque toujours.
Pendant deux mois et demi, les apparitions sont sporadiques. « Il me rappelle dans le groupe, pour un match au Parc, à huit journées de la fin, et me demande de tout donner, explique-t-il pour éclaircir ses comportements de fin de saison. Après, à Nancy, on sombre. Pour le match à Caen, dans ma tête, en fin de contrat, je ne suis plus là. »
Plutôt que la gestion sportive de Jean-Marc Furlan, c'est le verdict rendu par le coach qui continue de laisser entrouverte la cicatrice.
« J'avais l'amour du maillot strasbourgeois, lâche-t-il sans monter sur ses grands chevaux. J'avais refusé de partir à l'hiver 2007, alors qu'on était en L 2, alors qu'on avait tout fait pour me faire partir. Dès lors, me rendre responsable de la descente, alors qu'en tant qu'ancien, avec Abdessadki, on était extrêmement concerné par le club... »
A trente ans, à l'aune de son parcours tortueux de dix ans au Racing, ponctué d'allers-retours, de phases d'admiration ou de disgrâce, Pascal Johansen incarne une forme d'antinomie. Il souhaite affranchir le match de sa petite personne.
« Je n'ai pas l'intention de fanfaronner si on gagne, conclut-il. Ce n'est pas mon match. » Cela risque de l'être un peu quand même.
____________________________
Match qui s'est soldé sur un 3-2 pour les Messins. Pascal a été titulaire et a joué jusqu'à la 72ème minute.
Très beau match de sa part. Des passes excellentes, bonne vision du jeu, technique comme d'hab superbe...Il manquait juste le ptit but
^^Photos prises sur
le Forum de Metz Photos de
Amsalem (désolé, fautes de frappes sur les photos =S )